Alors que chacun vaque à ses occupations, le brouhaha ambiant semble s'apaiser: les discussions se font plus feutrées, les cris et les chants se taisent progressivement... Un silence quasi-sépulcral se fait dans l'auberge, et les visages des convives se tournent vers une table, dans un coin, sur laquelle un homme vient de monter.
C'est un grand gaillard, un mastodonte de presque quatre coudées, et dont le poids doit avoisiner le quintal. Tout le monde le regarde avec un air réjoui. Le gaillard, visiblement, semble être apprécié. Après s'être raclé la gorge, l'homme lève bien haut sa chope de bière, et une voix de basse puissante résonne bientôt sous la voûte de l'auberge.
Vivats dans l'audience, qui reprend en chœur le refrain avec le chanteur, en frappant du plat de la main sur les tables:
Dans la salle, une harpe, un sistre et un tambourin commencent à jouer, sur un rythme qui s'accélère...
Les deux derniers refrains ont été entonnés à pleins poumons par l'assistance tout entière. La chanson semble être un classique très apprécié dans cette taverne. Le chant s'achève au milieu de vivats, de cris et d'exclamation de joie.
C'est un grand gaillard, un mastodonte de presque quatre coudées, et dont le poids doit avoisiner le quintal. Tout le monde le regarde avec un air réjoui. Le gaillard, visiblement, semble être apprécié. Après s'être raclé la gorge, l'homme lève bien haut sa chope de bière, et une voix de basse puissante résonne bientôt sous la voûte de l'auberge.
Voici l'histoire d'un Égyptien
Que l'on envoya quérir de la pierre;
Il partit longtemps et fort loin
Équipé seulement d'une outre de bière...
Vivats dans l'audience, qui reprend en chœur le refrain avec le chanteur, en frappant du plat de la main sur les tables:
Nous sommes les hommes de la Kemet;
Nous aimons femmes et heneqet,
Même si elles donnent mal à la tête !
Dans la salle, une harpe, un sistre et un tambourin commencent à jouer, sur un rythme qui s'accélère...
Un jour, mon ancêtre Migren
Fut envoyé au Ouadi Hammamat;
Au milieu des mines de bekhen
On racontait qu'il y avait de la mefkat.
Il établit son campement
Au pied d'une montagne peuplée de Bédouins
Et resta là des jours durant,
À travailler et à boire avec entrain.
Nous sommes les hommes de la Kemet;
Nous aimons femmes et heneqet,
Même si elles donnent mal à la tête !
Une nuit qu'il cuvait sa bière,
Les Bédouins descendirent de leur montagne;
Ils lui volèrent toutes ses affaires
Allant même jusqu'à lui dérober son pagne !
Quand Râ s'éleva dans les cieux,
Migren se retrouva nu comme un ver(re);
Il fit au ouadi ses adieux
Et s'élança en quête d'une pinte de bière.
Nous sommes les hommes de la Kemet;
Nous aimons femmes et heneqet,
Même si elles donnent mal à la tête !
Errant à travers le désert,
Il arriva dans un village Nubien;
Bien sûr qu'on y brassait d'la bière
Mais trop corsée pour une tarlouze d'Égyptien !
Migren massacra le brasseur
À grands coups de jarre à bière dans la tête;
Puis il emmena sa jeune sœur
Et ses biens en guise de butin en Kemet.
Nous sommes les hommes de la Kemet;
Nous aimons femmes et heneqet,
Même si elles donnent mal à la tête !
Ô vivants qui êtes sur la terre
Dites pour Migren l'offrande invocatoire
De mille pains, volailles, bœufs et bières,
Ou bien Sebek mâchera vos génitoires !
Nous sommes les hommes de la Kemet;
Nous aimons femmes et heneqet,
Même si elles donnent mal à la tête !
Nous sommes les hommes de la Kemet;
On aime surtout la heneqet,
Car elle ne gâche pas nos fêtes !
Les deux derniers refrains ont été entonnés à pleins poumons par l'assistance tout entière. La chanson semble être un classique très apprécié dans cette taverne. Le chant s'achève au milieu de vivats, de cris et d'exclamation de joie.
